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L’horticulture encore plus verte

La coopérative horticole Groupex étudie ses pratiques en affaires écoresponsables avec le programme du Fonds Écoleader dans le but de réduire ses émissions de GES et appuyer ses membres dans leur écoresponsabilité.

Groupex est une coopérative horticole offrant à ses 113 membres un réseau d’achat performant tout en leur permettant de bénéficier d’avantages concurrentiels importants dans le milieu horticole. Dans la dernière année, la coopérative a choisi de prendre le virage vert par la création d’un poste en développement durable et d’un plan d’action en pratiques d’affaires écoresponsables. C’est dans ce cadre qu’elle souhaitait d’abord faire le bilan de ses propres émissions de GES et celles de ses membres, pour ensuite, trouver les bons moyens de les réduire.

Aujourd’hui, nous prenons un moment avec Myriam Dumont-Breton, la chargée de projet en développement durable chez Groupex pour découvrir la portée de leur projet en essor écoresponsable.

Myriam Dumont-Breton, chargée de projet en développement durable chez Groupex

Comment avez-vous réussi à rejoindre plusieurs entreprises autour d’un projet connexe? Qu’ont-ils en commun? 

Nos 113 membres sont principalement répartis à travers le Québec et comptent parmi les centres jardins et les entreprises d’aménagement paysager les plus dynamiques. Bien que ce soit cliché de le dire, c’est un peu comme une grande famille. Le partage, l’entraide et l’innovation sont des valeurs qui caractérisent nos membres. Disons qu’ils avaient déjà une grande volonté de tenir un rôle plus proactif et d’augmenter l’impact positif de leurs activités sur l’environnement.

Nous avons donc été en mesure d’en mobiliser 80 (soit plus de 73% à ce moment) pour le projet d’inventaire des gaz à effet de serre appuyé par le Fonds Écoleader. Les entreprises n’ayant pas pu participer à ce premier inventaire pourront y être intégrées au fil des mises à jour. Cet inventaire n’est que la première étape d’un plus grand projet de réduction et de compensation que nous souhaitons mettre en place au cours des prochaines années.

Quels sont les enjeux de vos membres et ceux attribuables à votre région?

Comme bien des secteurs avant la pandémie, le recrutement/rétention d’employés qualifiés était le plus grand enjeu auquel nos membres étaient confrontés partout au Québec. Sinon, par rapport à notre démarche, l’aspect saisonnier du secteur qui fait que la charge de travail est très condensée et le manque de connaissance sur le développement durable/enjeux qui sont liés sont également des défis.

 Quel est votre rôle en lien avec l’essor écoresponsable de ces entreprises? 

Le rôle de la coopérative est d’être à l’écoute des besoins de ses membres et de les appuyer à travers des projets porteurs. Malgré beaucoup de bonne volonté, le manque de temps et d’expertise les freinent dans la modification de leurs pratiques.

C’est dans la nature profonde de Groupex de mutualiser les ressources et de miser sur l’économie d’échelle. Nous avons donc mis sur pied un projet clé en main, en dédiant une personne de notre équipe à la collecte et à la compilation des données. Cette personne a également contacté chaque membre, leur a expliqué en détail le projet, les retombées pour eux, répondu à leurs questions, etc. Finalement, le coût du projet est de 10 à 15 fois moins élevé comparativement à un scénario où chaque entreprise aurait mené ce même projet de son côté.

Nous avons bien l’intention de poursuivre sur cette voie et appuyer nos membres dans d’autres volets de leur écoresponsabilité.

Citation Fonds Écoleader

Quel a été l’élément déclencheur à l’origine de votre projet d’adoption de pratiques écoresponsables?

Face à la mobilisation grandissante au regard des enjeux environnementaux, le président de la coopérative, Pierre Dagenais, et les autres dirigeants de la coopérative ont eu une prise de conscience en 2018. Conscients du poids/capacité d’influence que peut représenter plus de 110 entreprises, ils ont choisi de prendre un virage en développement durable avec l’intention de faire progresser les membres, nos partenaires et l’ensemble de l’industrie vers des pratiques écoresponsables. C’est donc en 2019 que nous avons officiellement  entamé la démarche. Les membres ont adopté la première charte d’engagement envers le développement durable en février 2020. 

Nous avons plusieurs projets sur la table en ce moment pour intégrer graduellement des pratiques plus responsables au sein de nos activités! Encourager les comportements durables, partager les initiatives inspirantes auprès de nos membres, les appuyer dans la réduction de leur empreinte environnementale… ce ne sont que quelques-uns de nos objectifs. 

Comme mentionné plus tôt, l’inventaire n’est que la première étape d’un plus grand projet de réduction et de compensation que nous souhaitons mettre en place au cours des prochaines années. On souhaitait donc pouvoir se baser sur des données crédibles et standardisées pour mesurer nos progrès. Et surtout, pouvoir cibler plus efficacement nos interventions par la suite. Un guide de réduction est actuellement en développement.

 Quels ont été les principaux défis rencontrés durant la planification ou la mise en œuvre de ce projet?

C’est la première fois que ce genre de projet était mis sur pied. Dans les premières étapes de planification, nous envisagions d’extrapoler le bilan des émissions GES de tous les membres en partant d’un petit échantillon d’entreprises. Inutile de vous dire qu’il n’y a pas deux entreprises pareilles!

Nous avons finalement fait le choix de collaborer avec la firme Enviro Accès parce que leur offre de service nous permettait de réaliser l’inventaire de tous nos membres pour un coût raisonnable et parce cela menait à l’obtention de l’attestation Carboresponsable®. La possibilité de pouvoir mettre en valeur leurs efforts et leur engagement a définitivement été une valeur ajoutée pour nos membres. Et probablement un petit incitatif supplémentaire pour certains.

Finalement, les gaz à effet de serre et les changements climatiques, on a beau en parler de plus en plus dans les médias, ça demeure assez abstrait pour bien des gens. Il a donc été nécessaire d’expliquer les bases du projet, de le vulgariser et d’aller à la rencontre des gens pour en discuter.

Quels sont les principaux facteurs de succès du projet? 

Il y a toujours des efforts à faire quand on souhaite mettre en place un changement, de nouvelles façons de faire. La transparence, la simplicité et l’accompagnement ont été des facteurs clés pour amener les gens à fournir ces efforts. Soulignons l’excellent travail de notre chargée de projet, Tatiana Sarmiento, qui a su vulgariser l’information avec dynamisme et appuyer les membres.

 Avez-vous bénéficié du soutien d’un agent du Fonds Écoleader de votre région pour faciliter le démarrage du projet? Si oui, qu’est-ce qui a été le plus bénéfique pour vous?

Oui, nous avons eu l’occasion de rencontrer l’agente du Fonds Écoleader de notre région qui nous a dirigés vers les différentes ressources disponibles (choix de l’expert, outil et programme de financement).

 Parmi les résultats environnementaux, économiques et sociaux du projet, qu’est-ce qui vous rend le plus fier?

D’avoir pu sensibiliser plus de 80 entreprises sur l’impact des émissions de gaz à effet de serre et les avoir amenées à faire un pas de plus vers des pratiques plus durables.

Que conseillerez-vous à une entreprise voulant se lancer dans un projet semblable? 

De parler du projet abondamment pour contaminer le plus de gens possible et de se rappeler que ce type de projet n’est qu’une étape dans la réduction des émissions GES.

En terminant, comment entrevoyez-vous la relance économique?

Notre secteur fait partie de ceux qui ont connu une très forte demande pendant la crise. Bien qu’on ne puisse que se réjouir d’avoir bénéficié de cette envie de jardin des consommateurs, cela vient avec son lot de défis. Par exemple, la fatigue est plus grande dans les équipes sur le terrain ou encore, plusieurs fournisseurs prévoient des ruptures de stock alors que la saison est loin d’être terminée!

Selon Sébastien Cordeau, le directeur général de Groupex, pour notre secteur qui était en moins bonne position depuis quelques années, il s’agira surtout de rebondir, de maintenir ses nouveaux comportements. Autant pour les centres jardins que pour les entreprises d’aménagement paysager, il faudra travailler à ce que le jardin puisse reprendre sa place dans le mode de vie des gens. 

Nous croyons plus que jamais en la pertinence de placer le développement durable au cœur de nos activités et de poursuivre nos efforts à ce niveau. Nous avons aujourd’hui la preuve que des mesures ambitieuses peuvent être prises si nous reconnaissons collectivement l’urgence. Nous avons donc choisi de voir cette crise comme une occasion d’innover, un accélérateur de changements positifs.


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