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  • Gestion des matières résiduelles

Économie sociale et transition écologique : les défis de Moisson Estrie et de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais

Par Gilbert Leduc, journaliste

Imaginez le va-et-vient au quartier général de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais à Gatineau.

À la valse des ambulances qui entrent et sortent du garage à toute heure s’ajoutent les allées et venues des 260 paramédics et autres membres du personnel de cette coopérative de travailleurs offrant des services préhospitaliers à plus de 400 000 citoyens répartis dans 75 municipalités et territoires dans l’Outaouais. Un territoire de 34 000 kilomètres carrés.

« À l’automne 2020, l’une des premières choses que le consultant en ingénierie nous a demandées en mettant les pieds au quartier général était le nombre de fois que nous ouvrions et fermions les portes du garage dans une journée », raconte Guillaume Ouellet, paramédic et responsable du comité de développement durable de la coopérative fondée en 1989. « Effectivement, le quartier général représente un défi de taille en matière de consommation d’énergie. »

 

(Crédit photo : Coopérative des paramédics de l’Outaouais)

En collaboration avec la firme d’ingénierie GAAMA de Sherbrooke et avec le coup de pouce financier du Fonds Écoleader, la Coopérative des paramédics de l’Outaouais a dressé une liste de douze travaux à réaliser afin de réduire sa consommation d’électricité et de gaz naturel. Des travaux sont en cours pour changer les unités de chauffage et de climatisation.

Le plan d’action touche également le projet d’agrandissement du quartier général devenu un peu trop étroit à la suite de l’obtention, par la coop, de permis du ministère de la Santé et des Services sociaux pour l’ajout de véhicules à sa flotte déjà constituée de près de 40 ambulances. « Nous allons y intégrer de nouvelles technologies qui permettront de réduire notre consommation d’énergie », indique M. Ouellet en signalant que la récente hausse des coûts de construction avait forcé la coopérative à mettre le projet d’agrandissement temporairement sur la glace.

« Ce n’est que partie remise », tient-il à assurer en mentionnant que les efforts d’amélioration de l’efficacité énergétique du quartier général – un investissement totalisant plus de 290 000 $ – permettront d’abaisser de près de 40 % la consommation d’électricité et de gaz naturel par rapport aux données de 2019 et d’engranger des économies annuelles de 25 000 $. « Le retour sur l’investissement devrait se réaliser dans un délai de moins de dix ans. »

(Crédit photo : Coopérative des paramédics de l’Outaouais)

La Coopérative des paramédics de l’Outaouais, qui compte également 12 casernes satellites sur le territoire, est engagée depuis déjà quelques années dans une démarche de réduction de son empreinte écologique. En mars 2019, un comité de développement durable a été mis sur pied et son mandat s’appuie sur les trois dimensions (sociale, économique et environnementale) de ce modèle de développement. Des actions en faveur de la bonne gestion des matières résiduelles et du recours à  l’achat écoresponsable, entre autres, ont été mises de l’avant.

Moisson Estrie : Un coup de pouce salutaire

Moisson Estrie caresse de grandes et nobles ambitions : réduire à sa plus simple expression le gaspillage alimentaire et accroître la redistribution des denrées aux personnes les plus vulnérables. Tout ça, évidemment, en réduisant son impact sur l’environnement.

« Nous voulons aller chercher encore plus de denrées sur le territoire. Il reste encore des épiceries à desservir. D’ici cinq ans, nous voulons toutes les associer à notre mission », indique Andréanne Béliveau, directrice des opérations de Moisson Estrie.

(Crédit photo : Moisson Estrie)

Au cours de l’année 2020-2021, l’organisme qui lutte contre l’insécurité alimentaire a ramassé plus de 900 000 kg de denrées – une valeur de 8,2 millions $ – auprès d’une quarantaine de fournisseurs, principalement les grandes chaînes d’alimentation. Une récolte ensuite redistribuée à une cinquantaine de banques alimentaires, de cuisines collectives et d’écoles de l’Estrie.

« Aussi, d’ici 2025, nous voulons réduire de 8 % à 4 % l’ensemble de nos pertes, c’est-à-dire tous ces aliments périssables qui finissent leurs jours au compostage. Pour y arriver, nous allons accroître nos activités de transformation, notamment en créant de nouvelles recettes au gré des saisons », explique Mme Béliveau.

La vocation de Moisson Estrie dépasse la cueillette et la redistribution de denrées alimentaires. L’organisme propose également des services d’accompagnement et de dépannage à plus de 25 000 citoyens bon an mal an.  Il a créé une cuisine de transformation qui alimente son « épicerie sociale » où les personnes peuvent choisir la nourriture dont ils ont besoin ainsi que La Moissonnée, un service de cafétéria ouvert à tous ayant pignon sur rue à Sherbrooke.

(Crédit photo : Moisson Estrie)

Pour un organisme à but non lucratif déjà fortement sollicité comme Moisson Estrie (une quinzaine d’employés permanents), mettre au point un plan d’action en développement durable est un challenge. C’est pourquoi l’organisation a utilisé les deniers du Fonds Écoleader pour obtenir les services d’une conseillère en écoresponsabilité.

À l’emploi de la firme ADDERE, une entreprise collective de Sherbrooke spécialisée en environnement, la professionnelle a assisté l’équipe de direction pendant près d’une année à raison d’une journée par semaine.

« Son apport a été extraordinaire. Il a permis d’initier plusieurs mesures visant la gestion des matières résiduelles plus particulièrement. Rendre cette gestion plus écoresponsable et moins difficile pour nos employés permanents et bénévoles était devenu un enjeu pour notre organisation. Il fallait agir », explique Andréanne Béliveau. Le remplacement des équipements de tri et la négociation d’un nouveau contrat avec une entreprise spécialisée dans la gestion des déchets ont permis à Moisson Estrie de régler un problème dont la solution semblait introuvable.

Les actions mises de l’avant par Moisson Estrie au cours des derniers mois lui permettront d’accroître de 98 tonnes par année la quantité de matières revalorisées. Du même coup, l’organisme prévoit une réduction année de 140 tonnes de matières résiduelles et de 1190 tonnes de gaz à effet de serre.

 

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