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Adopter une technologie propre pour revaloriser le plastique souple au Québec

Cet article a été réalisé en collaboration avec le magazine MCI. 

Les progrès en développement durable touchent tous les secteurs confondus et les entreprises manufacturières ne sont pas en reste. Plusieurs d’entre elles sont passées à l’action en mettant sur pied des projets qui se démarquent. En adoptant des pratiques d’affaires écoresponsables et des technologies propres, elles améliorent leurs performances techniques tout en réduisant des coûts associés à la gestion des ressources (énergie, eau) et des matières résiduelles. D’une pierre, deux coups, elles assurent leur pérennité, voire le positionnement de l’entreprise dans la chaîne de valeur (tant du point de vue client que fournisseur). L’image corporative se voit améliorée et attire de jeunes talents, plus soucieux de travailler au sein d’une entreprise responsable. L’effet boule de neige, quoi!

C’est pour cette avenue que TC Transcontinental, l’une des principales entreprises spécialisées dans la fabrication d’emballages souples en Amérique du Nord et le plus important imprimeur au Canada, a choisi d’opter. Consciente de l’impact environnemental de ses activités, elle a choisi de prendre le taureau par les cornes en adressant le problème au sein même de sa chaîne de production. Son plus récent projet: l’adoption d’une technologie propre qui lui permettra de devenir un acheteur stratégique de matières plastiques post-consommation destinées à être réintégrées dans sa production d’emballages souples, favorisant ainsi la création d’une véritable économie circulaire du plastique. Dans l’optique d’atteindre ses objectifs, l’équipe de TC Transcontinental a su mettre toutes les chances de son côté. Elle bénéficie du soutien du Fonds Écoleader, lui permettant de se doter des services de  NovAxia, un expert de l’industrie du recyclage. L’étude et l’accompagnement réalisés mèneront notamment à l’identification de la meilleure technologie de sur-tri disponible afin de pouvoir traiter des matières de plastiques souples plus contaminées et, par conséquent, de créer un marché local de revalorisation du plastique souple au Québec. 

Nous nous entretenons avec Charles David Mathieu-Poulin, conseiller principal en économie circulaire chez TC Transcontinental, afin d’en apprendre plus sur ce projet.

Quel a été l’élément déclencheur à l’origine de votre projet d’adoption d’une technologie propre?

En 2019, TC Transcontinental a été le premier manufacturier canadien à joindre l’Engagement mondial de la nouvelle économie des plastiques de la Fondation Ellen MacArthur. À ce moment également, nous avons dévoilé notre plan 2019-2021 de responsabilité sociale d’entreprise.

Ainsi, nous nous sommes engagés, d’ici 2025, à ce que 100 % de nos emballages plastiques soient réutilisables, recyclables ou compostables, en plus d’atteindre un taux d’utilisation moyen, en poids, de 10 % de contenu recyclé postconsommation pour l’ensemble du plastique dans notre portefeuille de produits, ce qui représente environ 16000 tonnes. C’est d’ailleurs à partir de cette vision que nous avons créé, grâce à nos experts en recherche et développement, un sac plastique fait à 100 % de matières recyclées.

C’est toujours en lien avec cette vision que nous avons créé en février 2020 le nouveau groupe recyclage au sein de nos activités d’emballages souples afin d’intégrer verticalement le recyclage des plastiques dans notre chaîne de production, nous assurant ainsi à terme d’un approvisionnement stable de résine recyclée.  En juin 2020, nous avons confirmé l’acquisition des actifs d’un important joueur dans le recyclage de plastique souple au Québec. Les équipements acquis servent à transformer des résidus plastiques récupérés auprès de centres de tri et d’autres sources commerciales, industrielles et agricoles en granules de plastique recyclé. 

Enfin, nous avons vite observé que ce qui est disponible comme plastique usé présentement au Québec est trop contaminé pour être utilisé dans nos équipements. Nous avions donc un problème à résoudre : comment traiter ces matières contaminées et les trier pour créer un marché local au Québec et revaloriser le plastique souple dans nos opérations. 

Voilà comment le projet d’adoption d’une technologie propre est né. 

Pourquoi avez-vous choisi de réaliser un projet avec le Fonds Écoleader?

Ces activités de recyclage au sein de l’entreprise sont complètement nouvelles. Nous avions beaucoup à apprendre et nous avions besoin d’experts professionnels à l’externe avec l’expérience dans le domaine du recyclage des plastiques pour nous aider dans le processus et nous accompagner. Ainsi, l’aide financière offerte par le Fonds Écoleader nous permet de développer davantage notre démarche et d’avoir accès à cette expertise.

Quels sont les enjeux attribuables à la mise en place? Quels ont été ou sont les principaux défis?

L’enjeu principal à la mise en place d’une nouvelle technologie propre était d’aller chercher l’information factuelle disponible sur le volume et la qualité des plastiques souples récupérés au Québec, et ce, auprès d’une grande variété d’intervenants et de parties prenantes.

Qu’est-ce que l’étude avec Novaxia vous a permis de réaliser?

De cartographier le volume et la qualité des plastiques souples récupérés au Québec, de caractériser le type de contaminants présents dans les ballots sortant des centres de tri et enfin de déterminer la bonne technologie de sur-tri à implanter étant donné la diversité des technologies disponibles sur le marché.

Quelles sont les prochaines phases de réalisation?

  • Réaliser le rapport final sur la cartographie des plastiques souples récupérés au Québec et sur la caractérisation des ballots sortant des centres de tri 
  • Optimiser la technologie choisie pour répondre aux besoins spécifiques de sur-tri nécessaire et gérer les contaminants identifiés 
  • Faire l’acquisition de la technologie 

Parmi les résultats environnementaux, économiques et sociaux du projet, qu’est-ce qui vous rend le plus fier?

  • La création d’un marché local au Québec pour 7500 tonnes de plastiques souples usés actuellement non valorisés ici et envoyés à l’enfouissement. 
  • La création d’une source potentielle de revenu supplémentaire pour les centres de tri et les générateurs de plastiques souples usés (entreprises agricoles, industrielles, commerciales)
  • La création de nouveaux emplois techniques et spécialisés dans l’est de Montréal. 
  • Le remplacement de la résine vierge dans des produits d’emballage comme le sac du Publisac par de la résine recyclée. 
  • La collaboration entre les différentes parties prenantes du recyclage : centres de tri, entreprises du secteur privé, secteur public et parapublic. 

Est-ce que ce projet s’inscrit dans une démarche globale en développement durable? Quelle est votre vision d’ensemble?

Oui, certainement. Ce projet s’inscrit dans notre approche circulaire à l’égard du plastique. L’emballage que nous fabriquons joue un rôle essentiel : il contient le produit, le protège et facilite son transport tout en lui permettant de prolonger sa durée de conservation, s’avérant ainsi être une des solutions clés afin de réduire le gaspillage alimentaire. L’emballage souple présente plusieurs avantages et l’industrie est très motivée à collaborer afin qu’il soit géré efficacement à la fin de son cycle de vie.  Nous voulons faire partie de la solution. 

Nous comprenons également notre rôle dans la promotion de bonnes pratiques de recyclage. Nous nous engageons à collaborer pour augmenter les taux de réutilisation, recyclage et compostage du plastique au sein des communautés dans lesquelles nous œuvrons. En somme, nous travaillons étroitement avec notre chaîne d’approvisionnement et sommes déterminés à progresser vers une économie circulaire pour les plastiques grâce à notre stratégie intégrée à cet effet.

Que conseillerez-vous à une entreprise voulant se lancer dans un projet semblable?

  • Bien définir ses besoins, ses objectifs et la portée de son projet. 
  • Aller chercher les bonnes ressources et l’expertise dans le domaine désirée afin d’être bien accompagné.
  • Prendre le temps de mobiliser les parties prenantes sur son projet. 
  • Identifier les programmes de subventions applicables au projet. 

Enfin, au Québec, les grandes sociétés comme les plus petits joueurs peuvent compter sur un réseau grandissant d’entreprises en essor éco responsable pour s’inspirer, ainsi que sur des programmes de financement et de l’expertise reconnue pour accroître leur performance tout en améliorant leur bilan environnemental. Le Fonds Écoleader est l’une des ressources disponibles pour aider les entreprises tous secteurs confondus —  qui sont prêtes à adopter des pratiques écoresponsables et des technologies propres. 


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